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L’affaire Sainte Rita de Paris

Une Église Catholique menacée de démolition

C’est au cœur du plus grand arrondissement de Paris, dans le XVe arrondissement,
27 rue François Bonvin que se trouve l’Église catholique gallicane Sainte Rita.
Depuis trois ans, les paroissiens, se battent pour conserver leur lieu de culte.

Histoire d’une expulsion
  • Bâtie en 1900, l’Église Sainte-Rita est la propriété de l’association des chapelles catholiques et apostoliques.
  • En 1987, l’association décide de louer l’église à Mgr Philippe prêtre Gallicans*.
  • Neuf années plus tard, un bail en bonne et due forme est rédigé entre les deux parties.
  • L’Église gallicane de Mgr Philippe, qui ne vit que de la charité de ses fidèles a du mal à payer son loyer.
  • En 2010, les propriétaires lui réclament d’abord plus de 47 000 euros d’arriérés de loyer.
  • Le 20 août 2010 ils décident de vendre le bâtiment et signe une promesse de vente pour un montant de 3,3 millions d’euros.
  • Malgré sa construction centenaire la commission du vieux Paris en 2010, juge que «l’architecture néogothique très tardive est sans qualité particulière, spatiale, décorative ou constructive [de l’église], ne mérite pas de protection patrimoniale».
  • Le tribunal résilie le bail et les procédures devant les tribunaux n’ont pas su conjurer à ce jour la décision de démolition donnée par la mairie de Paris.
  • Depuis Mgr Dominique Philippe archevêque catholique gallican de Paris est sous le coup d’une procédure d’expulsion.

Un espoir : Les Arches de Sainte-Rita de François Lusinchi
Sauver son Église c’est la mission que s’est donnée François Lusinchi en créant l’association des Arches de Sainte-Rita.
Objectif : collecter plus de 3 millions d’euros et racheter l’Église aux actuels propriétaires.
« Promesse de vente ne vaut pas vente »explique Nicolas Stoquer, président délégué des Arches de Sainte Rita. « Il y a deux conditions suspensives : l’obtention du permis de construire de l’année et l’expulsion des occupants.»  « Nous sommes toujours là et nous espérons bien pouvoir mobiliser suffisamment de fidèles dans l’hexagone et au-delà pour sauver ce haut lieu de tolérance et de charité »

Aide-toi, le ciel t’aidera !
Les Paroissiens ont décidé de prendre leur avenir en main et pour une fois d’aider Sainte Rita.
Ø  Pour François Lusinchi le temps de l’action est venu :
« Sainte Rita est intervenue des milliers de fois pour ses fidèles. C’est à nous maintenant de l’aider et de sauver notre Église. »« Nous allons faire appel à tous les chrétiens de France, mais aussi à l’étranger, car Sainte Rita est une sainte universelle et la destruction d’une Église concerne tous les chrétiens du monde »

Sur le site des Arches de Sainte Rita. http://www.lesarchesdesainterita.fr/la collecte des dons commencera dès le 9 novembre jour de la messe des animaux.

L’Église Gallicane
symbole de la tolérance et de l’amour de Dieu

Pour François Lusinchi, Président des Arches de Sainte Rita,
l’Église Gallicane est le symbole de la tolérance et de l’amour de Dieu.

La spécificité de son Église c’est la tolérance et l’amour de son prochain. La réputation de Sainte Rita dépasse largement le 15e arrondissement de Paris et les gens font parfois de très longs voyages pour venir prier Sainte Rita ou assister à la messe des animaux.
« Dans notre paroisse on reçoit quatre catégories de personnes :
-      des personnes malades qui viennent prier Sainte-Rita
-      des gens en grandes difficultés qui viennent implorer l’aide de la patronne des causes désespérées,
-      les amoureux de la messe en latin,
-      et les gens qui aiment les animaux. »

François Lusinchi précise : « Nous ne sommes pas des intégristes au contraire nous sommes des progressistes. »

Message à destination de l’Église catholique romaine
Aujourd’hui il ne reste rien de l’esprit de défiance du roi Louis XIV et les fidèles Gallicans eux-mêmes peinent à se reconnaître dans l’histoire de l’évêque Bossuet. Ce qui reste aujourd’hui du Gallicanisme c’est un esprit d’ouverture et de tolérance.
Tous les grands sujets de discussion actuellement d’actualité dans l’Église Romaine ne font pas débat dans cette petite Église autant originale que marginale.
Certes, l’Église officielle ne s’est pas encore mobilisée pour la défense de Sainte Rita mais les différences du passé sont aujourd’hui vidées de leur contenu.
Le Droit à la différence dans le catholicisme universel, voilà ce que demandent ces chrétiens du 15e arrondissement.
Comme le dit un membre des Arches de Sainte Rita « À une époque ou dans beaucoup d’endroits du monde ces communautés chrétiennes souffrent et sont persécutées, comme les chrétiens d’Orient, il y a urgence à montrer plus de solidarité et de sollicitude envers son prochain »
François Lusinchi quant à lui déclare : « Nous ne demandons rien d’impossible à l’Archevêché mais nous les invitons à ne pas rester à l’écart du grand élan de solidarité que suscite notre cause, nous souhaitons le respect de notre différence dans la paix du Christ. Tous les jours, notre communauté prie pour cela »

L’Église Gallicane Sainte Rita du 15e
une église qui possède une double personnalité :
Ø  Une Église  Gallicane*
Sainte Rita est une Église Catholique Gallicane autrement dit, une Église Chrétienne indépendante de l’église romaine mais qui reconnait néanmoins la prééminence de l’évêque de Rome. Les Églises Catholiques Gallicanes sont très proches de l’Église Romaine. Tout au plus se différencient-elles  quand à la prise en considération du monde animal et la Messe qui est dite selon le rite catholique traditionnel de Saint-Pie V, c’est à dire en latin.
Les Gallicans ne sont pas des traditionalistes au contraire ils sont très tolérant et permettent aux fidèles de vivre leur foi d’une manière très libre.
Ø  L’Église des animaux
La grande particularité de l’Église de la rue François Bonvin, c’est la possibilité laissée aux fidèles de venir avec un animal.
La présence des animaux dans l’Église symbolise l’esprit d’extrême tolérance des Gallicans.
Pour Monseigneur Dominique Philippe : « Les personnes qui ont le courage de défendre le règne animal, défendent également l´être humain. Tout comme Dieu, qui est capable d’aimer toutes ses créatures, ces personnes dénoncent tout simplement la souffrance sous toutes ses formes. Toutes les créatures vivantes bénéficient du même amour inconditionnel de Dieu.
Une tolérance tout particulièrement d’actualité en France au regard de la décision de l’Assemblée Nationale de reconnaître aux animaux la qualité symbolique d'« êtres vivants doués de sensibilité. » 

Une vision qui se différencie de la vision plus traditionnelle de l’Église Romaine.
Cette vision de la création nuance une lecture plus classique des écritures qui reposent notamment sur la Genèse (récit de la Création du monde) :« Le dernier jour de la création, Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance » (Genèse 1:26). Il finit ainsi la création avec une
touche personnelle : « Le Seigneur Dieu modela l'homme avec de la poussière prise du sol. Il insuffla dans ses narines l'haleine de vie, et l'homme devint un être vivant. »(Genèse 2:7). En conséquence, l’homme est unique parmi les créations de Dieu, ayant à la fois une part matérielle (corps) et une part immatérielle (âme / esprit).Dans l’acceptation traditionnelle de l’Eglise et notamment pour l’Église Catholique Romaine, l’image de Dieu fait référence à la part immatérielle de l’homme. Elle met l’être humain à part du règne animal, le rend digne de la « domination » que Dieu voulait (Genèse 1:28) et capable d’entrer en communion avec son Créateur.
*Au XVIIe siècle, Louis XIV voulut spolier le pape de ses revenus, et, pour se justifier, il fit rédiger par le clergé français la déclaration de 1682, qui niait l’infaillibilité du pape. La déclaration du clergé gallican de 1682 faisait dépendre du consentement de l’Église universelle, réunie en concile, la valeur irréformable des jugements doctrinaux du Pape. Par servilité à l’égard du roi, pratiquement tous les évêques de France. En 1684, Louis XIV chargea Mgr Bossuet de défendre les principes gallicans anti-infaillibilistes. En 1693, les évêques de France se rétractèrent, en adressant une lettre collective au pape Innocent XIII. Louis XIV, lui aussi, finit par révoquer la déclaration de 1682.
Aujourd’hui très proches de l’Église Romaine, Les Églises Catholiques Gallicanes se différencient par :

  • la participation des fidèles au gouvernement de l'Église
  • la prise en considération du monde animal
  • la Messe selon le rite catholique traditionnelle de Saint-Pie V

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