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Michaël Bar Zvi. L'évacuation d'Oulpena à Bet El


Après des semaines de tractations, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou a décidé de respecter la décision de la Cour Suprême d'évacuer le pâté de maisons litigieuses dans le quartier d'Oulpena de la ville de Bet El. D'une façon générale lorsqu'une décision politico-juridique est critiquée par les extrêmes de gauche comme de droite c'est qu'il s'agit d'un bon choix. Le projet de Netanyahou de construire  à Bet El dix maisons en remplacement de chaque maison détruite ne peut que déplaire aux extrémistes de gauche, qui n'ont cessé de vociférer pour exiger une application à la lettre de la décision de la guerre. Leur objectif étant de limiter au maximum la présence juive en Judée-Samarie, ils obtiennent le résultat inverse. Ils ne peuvent se vêtir des oripeaux de défenseurs des droits de propriétaires privés, puisque les nouveaux logements seront construits sur des terres domaniales. Leur opposition au quartier Oulpena est purement idéologique, or la Cour suprême n'a pas exprimé un avis idéologique sur la question des implantations mais un point de vue de défense du droit à la propriété privée, qui semble-t-il n'a pas été respecté, probablement en raison d'une incompétence locale ou d'une erreur administrative. L'extrême droite qui s'oppose par principe à l'évacuation de toute parcelle de la terre d'Israël habité par des Juifs a manifesté bruyamment en comparant l'éventuelle évacuation de ces demeures à l'abandon des implantations juives de la bande de Gaza. Pourtant aucun village n'est détruit ni vidé de ses habitants, au contraire la population de Bet El va s'accroitre de plusieurs centaines d'âmes qui renforceront sensiblement cette implantation. L'argument selon lequel il s'agit ici d'un précédent dangereux n'est pas plausible, car l'histoire du sionisme montre qu'à de nombreuses reprises des villages, des bourgades, des kibboutzim, ou des implantations ont été évacuées puis repeuplées pour de nombreuses raisons, comme le déplacement d'Elon More suite à la décision du juge Landau, à l'époque de Begin. Le gouvernement a proposé de généreux dédommagements aux ayants-droits des terres concernées, qui ont été rejetés. Il n'est pas impossible qu'un jour de telles négociations aboutissent loin des feux de l'actualité et dans un autre contexte. Les cas ne sont pas rares où des accords ont été trouvés avec des propriétaires fonciers comprenant des compensations financières et ou des échanges de terres. La publicité exagérée donnée à cette affaire n'a fait que rendre cette négociation plus compliquée. Par ailleurs, l'adoption d'une nouvelle loi permettant de contourner la Cour suprême aurait été du plus mauvais effet et aurait exposé Israël à des plaintes devant le tribunal international de La Haye et entraîner une nouvelle condamnation inutile, sans compter de nouvelles campagnes de dénigrement dans les médias en Europe et aux Etats-Unis.
Mais le plus intéressant dans cette affaire c'est son aspect politique, car la manœuvre de Netanyahou laissant croire aux députés et ministres sur sa droite qu'il soutiendrait la promulgation d'une nouvelle loi ad-hoc et son revirement soudain en début de semaine lui a permis de montrer aux éventuels récalcitrants qu'il était, comme on dit, le patron incontesté et de leur indiquer le sens des accords de coalition avec le parti Kadima. Sur le plan international il prouve qu'il est capable de prendre des décisions délicates, alors qu'on lui reproche son inaction.
La presse a déversé des quantités de mots sur une affaire qui n'est au fond qu'un nouvel épisode d'un western connu dans lequel le shérif est toujours le même et remet de l'ordre à la fin.

Michaël Bar-Zvi  Yod Zain  Be Sivan 5772

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