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Yitzhak Shamir, par Michaël Bar Zvi


L'ancien Premier ministre israélien Yitzhak Shamir est décédé il y a quelques jours à l'âge de 96 ans et avec lui disparait un des derniers survivants des chefs des mouvements de résistance qui fondèrent l'Etat d'Israël. Nommé à la tête du Lehi, appelé aussi le groupe Stern, après l'assassinat de Yaïr Stern par les Anglais, Shamir mena une lutte sans merci contre l'occupant britannique. Interné en Erythrée en 1946, il réussit à s'évader sur un bateau français par le port de Djibouti. Il arriva à Paris où il reprit ses activités et ne revint en Israël qu'au lendemain de la déclaration d'indépendance. Isser Harel lui proposa quelques années plus tard d'entrer au Mossad, et à ce jour on ignore encore une grande partie des activités qu'il mena dans différents pays d'Europe et d'Afrique. Shamir était un personnage secret, qui n'était au fond jamais sorti de la clandestinité, et dont ses amis disaient qu'il ne faisait confiance à personne, même pas à lui-même.
Il n'était pas d'un abord facile, ni d'approche ouverte, il ne respirait pas la sympathie et détestait les relations publiques et les courbettes, mais il respectait ses hôtes et les convenances. Shamir était le cauchemar des journalistes qui venaient l'interviewer, car ses réponses étaient généralement brèves, sèches et sans appel. Shamir n'était pas populaire, pas aimé, pas considéré comme un leader charismatique, comme Ben-Gourion, Begin, Rabin. Pourtant au regard de l'histoire, on peut aujourd'hui juger son action. C'est à lui que nous devons la constitution d'un gouvernement d'union nationale avec Shimon Peres, qui permit de juguler l'inflation galopante qui minait l'économie du pays. C'est à lui que l'on doit la maitrise de la première Intifada. Premier ministre pendant la guerre du Golfe début 199, Shamir décida de ne pas intervenir en Irak malgré les critiques. Le résultat de cette guerre et le nombre très faible de victimes lui donnèrent raison en fin de compte. Il accepta, malgré ses positions dures d'aller, sans conditions préalables, à la conférence de Madrid, quelques mois plus tard. Poutant si l'on ne devait retenir qu'une seule action d'Yitzhak Shamir, il me semble que la plus importante est l'arrivée sous son mandat d'un million d'immigrants de l'ex Union Soviétique. Cette alya a bouleversé la donne démographique au Proche-Orient et changé le destin du peuple juif à la fin des années 80.  Elle a modifié le rapport de forces. Tout le monde comprend aujourd'hui l'impact énorme de cette immigration sur l'histoire d'Israël, pas seulement sur le plan démographique, mais aussi parce que l'incroyable développement  de la High Tech en Israël est lié à la présence de ce vivier de grande qualité intellectuelle, scientifique et artistique. J'ai été associé à cette aventure, auprès de Shamir et de son équipe, et je peux témoigner de sa détermination face au gouvernement américain et face aux organisations juives de diaspora pour obtenir que la sortie des Juifs du bloc soviétique s'effectue avec un visa israélien et soit considérée comme un retour dans leur patrie. Les Refusniks, que je rencontrais à l'époque, étaient parfois découragés et usés par les années de combat par la liberté, mais l'obstination sioniste de Shamir permit en définitive de leur ouvrir les portes d'Eretz Israël.
Que sa mémoire soit bénie , Yehie Zikhro Baroukh
Michaël Bar-Zvi   Tet Vav Tamouz 5772 

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