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Faire la cour à l'Iran, par Michaël Bar Zvi

Recep Tayyep Erdogan
La levée officielle des sanctions contre l'Iran vient à peine de prendre effet que nous assistons à un défilé de visiteurs à Téhéran. La rapidité et la condescendance des hôtes du régime des ayatollahs ne peuvent qu'engendrer un malaise lorsque l'on voit toutes ces personnalités s'abaisser à venir saluer les dirigeants d'un régime autocratique qui, à ce jour, n'a pas encore renoncé à son programme nucléaire et continue à appeler à la destruction d'Israël. Les relations entre l'Iran et les puissances occidentales doivent reprendre seulement à la mi-février, mais déjà l'ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, le président finlandais Mahrti Ahrtissari, le cardinal Desmond Tuttu, l'ancien président mexicain Ernesto Zedillo se sont précipités pour être les premiers sur la photo avec Ruhani et Khamenaï. Ces visites protocolaires sont purement symboliques, mais elles dégagent malgré tout une odeur nauséabonde. Plus inquiétantes sont les visites de deux autres hommes politiques, dont la présence à Téhéran ne peut être interprétée comme symbolique. La première est celle de Djibril Rajoub, un des dirigeants de l'Autorité palestinienne, qui a annoncé publiquement la volonté politique d'Abou Mazen de renouer des relations avec l'Iran. La seconde, et probablement celle qui doit le plus préoccuper les Etats occidentaux et Israël, est celle du Premier ministre Erdogan. Ce dernier ne s'est pas contenté d'un voyage de simple courtoisie, mais il a signé avec le gouvernement iranien des accords de coopération régionale. Le marché iranien représente une ouverture importante pour l'économie turque tandis que l'Iran compte sur ces échanges pour relancer ses exportations de pétrole. L'enjeu de cette relation est aussi bien évidemment lié au conflit syrien, dans lequel les Turcs et les Iraniens sont impliqués. Une fois de plus, le silence des Américains sur cet événement a de quoi surprendre, car de deux choses l'une, ou bien ils n'étaient pas au courant et venant de la part d'un allié stratégique il s'agit là d'un fait grave, ou bien ils étaient prévenus et on peut se demander pour quelle raison ils soutiennent Erdogan dans cette démarche. Quel est aujourd'hui l'objectif des Turcs et des Américains en Syrie, où la guerre n'oppose plus seulement Assad aux rebelles, mais les forces modérées à Al Qaida, le Hezbollah et les djihadistes au Liban ? Il faut croire que la visite de François Hollande n'a pas convaincu les Turcs de se rapprocher des démocraties européennes mais bien plutôt de la  dictature des ayatollahs shiites.
Michaël Bar Zvi  Kaf Bet Be Chevat 5774 

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