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La Crimée peut-elle déborder en Israël ? Par Michaël Bar Zvi

La récente annexion de la Crimée menée tambour battant par Vladimir Poutine a enclenché un jeu de dominos géopolitiques, dont on ne peut encore évaluer toutes les conséquences. A priori, Israël n'a rien à voir avec cette affaire, pourtant une des retombées de cet affrontement indirect entre les Etats-Unis et l'Europe avec la Russie pourrait bien être un revirement de son attitude dans la négociation sur le nucléaire iranien. En effet, la mise en place de ce dialogue avec Téhéran n'avait été rendue possible que grâce au soutien de Moscou. Hier soir, le président Poutine a clairement fait savoir que si les pays occidentaux s'obstinaient à vouloir sanctionner économiquement la Russie, il envisageait de remettre en question sa participation au processus engagé avec l'Iran. Le problème avec Poutine c'est que souvent ses menaces sont déjà des faits accomplis, sur le terrain et l'exemple du référendum en Crimée en est la preuve évidente. Le vice-ministre des affaires étrangères Serguei Rybakov a tenu ces propos dans une conférence de presse, à la veille de la reprise des discussions avec l'Iran. Par ailleurs, une patrouille de l'armée israélienne a été attaquée avant-hier sur le Golan par des soldats de l'armée régulière fidèle à Bachar el Assad, or on le sait une agression de ce type ne peut avoir eu lieu sans en avoir informé les officiers russes présents en Syrie. Poutine aurait-il donné son accord pour cette attaque, ou tout simplement fermé les yeux ? Vu la réaction prévisible et ferme de Tsahal, on peut se demander si les Syriens veulent vraiment remettre en cause le statut quo ou s'il s'agit une fois de plus d'un avertissement adressé non seulement, mais surtout à l'Occident pour lui signifier que la Russie était en mesure d'ouvrir à sa guise un nouveau front. Assad conscient de sa force et de son alliance avec Poutine,  montre ses muscles tandis que dans le sud le djihad islamique, armé par l'Iran, continue à lancer des roquettes et des missiles sur Sderot, Ashkelon et Netivot. Poutine a bien compris que les occidentaux n'interviendraient pas en Ukraine, et que le seul pays qui, lorsqu'il est agressé, réagit militairement : c'est Israël. Lorsqu'on lit les titres de la presse en Europe, où on annonce qu'Israël a attaqué des bases militaires en Syrie alors qu'il ne faisait que réagir à une agression douze heures après l'acte en question, on comprend que l'angoisse qui tenaille l'Europe c'est qu'Israël réplique et ne se comporte pas avec la même lâcheté qu'elle face à ses agresseurs. A chaque fois que Poutine teste l'Europe, il mesure le niveau de sa pusillanimité et peut  continuer sereinement à rebâtir l'Empire russe. Le dernier bastion de résistance se trouverait-il en Israël, qui n'a rien à voir avec le conflit de Crimée ? Ce n'est pas sérieux. Sauf si l'Europe liquidait en son sein l'esprit de Munich, ce qu'Israël a réalisé depuis le rétablissement de son indépendance et sur laquelle il fonde son énergie et sa force de vie.
Michaël Bar-Zvi Yod H'et Adar bet 5774 

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