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La responsabilité d'Abou Mazen, par Michaël Zvi

Abou Mazen et Yasser Arafat
Depuis plusieurs semaines, la ville de Jérusalem est le théâtre de violents affrontements, qui ont déjà fait de nombreuses victimes parmi les émeutiers et les forces de l'ordre. Cet embrasement n'est pas l'effet du hasard ou de provocations de la part des forces de sécurité israélienne, mais correspond à la volonté de l'Autorité palestinienne de revenir sur le devant de la scène, largement occupée par d'autres foyers au Proche-Orient et en Afrique. Abou Mazen se refusant à une négociation directe ayant pour but la fin du conflit avec Israël, a élaboré une nouvelle stratégie, qui consiste à obtenir un soutien théorique à la création d'un Etat palestinien, sous forme de motion de reconnaissance au sein des parlements européens. Ces déclarations d'intention ne portent pas vraiment à conséquence, mais elles instaurent un climat de bienveillance à son égard, qui permettent à Abou Mazen de masquer sa coopération active avec la direction du Hamas et surtout de se placer comme la personne morale capable de recevoir les fonds promis pour la reconstruction de Gaza. Abou Mazen réussit encore à tromper son monde en Occident, mais c'est de moins en moins le cas dans les Etats arabes comme l'Egypte, la Jordanie ou l'Arabie saoudite. La raison profonde du regain de violence à Jérusalem et en Judée-Samarie se trouve justement dans cette volonté de redevenir crédible aux yeux des partenaires arabes, qui ont pris acte depuis une décennie de son impuissance à faire face aux mouvements islamistes radicaux au sein de la société palestinienne. A chaque fois qu'il est menacé par ces éléments, il se tourne vers Israël pour juguler les tentatives de renversement de son pouvoir. Jusqu'à présent, Abou Mazen s'était efforcé de contenir le niveau de violence des manifestations palestiniennes, sachant qu'Israël agissait avec une grande retenue. Néanmoins, il semble qu'un seuil est en train d'être franchi et Abou Mazen risque d'en payer le prix fort. En effet, la conjoncture politique israélienne évolue ces dernières semaines et certains observateurs estiment que la tenue d'élections au printemps 2015 est de plus en plus probable. Le double jeu permanent d'Abou Mazen, attaquant Israël sur toutes les scènes diplomatiques, allié du Hamas et encourageant les violences sur le terrain d'une part, et d'autre part ne cessant de quémander son soutien face à ses opposants intégristes, commence à insupporter non seulement les responsables de forces de sécurité israéliennes mais aussi une grande partie de la classe politique. L'idée, généralement admise jusqu'à ce jour, d'Abou Mazen comme unique partenaire possible pour un modus vivendi, sinon pour un accord de paix, est de moins en moins consensuelle. Selon un récent sondage la majorité des Israéliens estime que le chef de l'Autorité palestinienne est devenu plus nuisible qu'utile. Sa disparition n'est plus aujourd'hui considérée comme une catastrophe, même si, à ce jour, il s'est bien gardé de se désigner un successeur. Il est aujourd'hui clair que ce n'est pas avec lui qu'un accord de paix sera trouvé, et cette conviction profonde a fait son chemin aussi bien en Israël que dans les pays arabes. Les derniers événements violents sont-ils l'ultime carte d'Abou Mazen pour sauver son pouvoir ? Ca se pourrait bien
Michaël Bar-Zvi  Kaf tet Tichri 5775 

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