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Michaël Bar Zvi. Yom Ha shoa. Chronique du 19 avril 2012

On oublie trop souvent que le 27 nissan est le Yom Hashoah veHagvoura, la journée de la Shoah et de l'héroïsme. Cette date de commémoration a été établie en Israël selon le jour du soulèvement du ghetto de Varsovie et le choix de cet événement n'est pas anodin, ni insignifiant. Il reflète la vision de l'histoire tragique de la nation juive au vingtième siècle, comme une période au cours de laquelle le peuple d'Israël a vécu la pire détresse, mais a réussi à se relever de ce gouffre pour rétablir son indépendance. Un des piliers de la puissance de l'Etat d'Israël est la force que ses citoyens puisent dans l'immense courage des résistants juifs à la barbarie nazie. Ce lien est important à une époque où la Shoah est banalisée, galvaudée, jetée à notre face à chaque remous de l'actualité. Aujourd'hui tout le monde parle Shoah comme tout le monde parle anglais, c'est-à-dire mal et jamais à bon escient. A chaque semaine, à chaque jour son lot de petites formules connotées par la Shoah pour parler de tout et de rien. La Shoah est un medium efficace. Dénoncer avec les mots de la Shoah c'est être sûr d'obtenir une réaction, de soutien ou de protestation. Ce que certains ont appelé la banalisation est aujourd'hui dépassée par un autre phénomène beaucoup plus dangereux qui est la récupération ou le retournement de la Shoah contre ses propres victimes. 



Israël ne construit pas une barrière électronique mais un camp de concentration protégé par des miradors. Neutraliser le développement d'une bombe atomique en Iran c'est provoquer un génocide. Contrôler les identités aux postes frontière c'est accoler des étoiles jaunes aux indésirables. Mettre hors d'état de nuire un terroriste qui fomentait un attentat est une pratique comparable à celle des nazis à l'égard des résistants. On pourrait ainsi donner de nombreux exemples de ce retournement de la Shoah contre ses victimes. Pour les enfants de déportés, la deuxième génération, il n'est nul besoin d'une journée pour nous souvenir de la Shoah, car elle est présente tous les jours dans nos mémoires. En revanche, il n'est pas inutile au moins une fois par an de nous rappeler l'héroïsme ceux qui prirent les armes pour redonner au peuple juif son ancienne grandeur et préparer son renouveau. Il est indispensable de ne pas oublier que la résistance eut de nombreux visages, y compris les gestes de protection des enfants jusqu'à leur dernier souffle au fond du désespoir.
Personne n'a le droit à l'ignorance  tel est le véritable message du Yom Hashoah ve Hagvourah
Michaël Bar-Zvi Kaf Zaïn Benissan 5772 

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