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L'Union européenne et la Syrie

Barroso et Poutin
Qui peut aujourd'hui comprendre la politique étrangère de l'Union européenne au Proche-Orient, qui peut trouver une cohérence entre les déclarations des différentes chancelleries, qui est en mesure de tracer une ligne directrice menant à une action quelconque, à une initiative diplomatique, militaire ou  même humanitaire? Le comble de l'absurde a été atteint cette semaine avec la décision de levée de l'embargo, immédiatement suivie de l'annonce selon laquelle il n'était pas question, pour autant, de livrer des armes à l'opposition syrienne. Face à ces atermoiements, les Russes font preuve de fermeté et de détermination, notamment dans la fourniture des missiles S 300, ils entendent imposer la présence de l'Iran à une conférence internationale, et renforcent leur dispositif militaire en mer Méditerranée. Un avion géant a livré il y a deux jours 60 tonnes de matériel en Syrie, à l'aéroport de Lattaquié. De son côté le Hezbollah s'implique de plus en plus dans le conflit et lance des centaines de combattants sur le terrain, tout en essayant de relancer le front avec Israël. Il y a quelques jours, un missile est tombé à proximité de la ville de Metulla, mais Israël a refusé de riposter à cette provocation et les médias ont pratiquement passé cette nouvelle sous silence. Hier le Premier ministre israélien, Netanyahou a d'ailleurs demandé aux ministres de son cabinet et aux officiers supérieurs de Tsahal de ne plus s'exprimer sur la situation en Syrie. Les Etats-Unis et le président Obama, sous la pression de l'opposition républicaine au Congrès, et après la visite de John Mc Cain en Syrie, ont compris que l'intervention n'est qu'une question de temps et de méthode. Pour l'instant le Pentagone ne prépare qu'un seul scénario, celui d'une attaque aérienne dans des couloirs tracés à l'avance et permettant de parachuter de l'aide humanitaire et des armes. Tirant les leçons des guerres en Irak et en Afghanistan, les Américains veulent, à tout prix, éviter une opération terrestre. Plus le temps passe et plus les chances de voir s'organiser une opposition non djihadiste s'amenuisent. Il est fort à craindre qu'au moment où les puissances se décident à intervenir elles ne trouvent en face d'Assad que des terroristes proches d'Al Qaida soutenus par l'argent du Qatar et de l'Arabie Saoudite. La confusion qui règne en Europe et aux Etats-Unis sur l'attitude vis-à-vis de la guerre en Syrie profite bien évidemment à l'Iran, qui poursuit à grande vitesse sa course à l'arme nucléaire et devrait passer à la phase de développement la plus importante au lendemain des élections de juin. Ce dossier est maintenant totalement occulté par les médias et ne préoccupe plus les diplomates européens. Il n'apparait que dans la presse israélienne et les débats de la commission de la défense de la Knesset, qui confirmait hier l'avancée des projets nucléaires de Téhéran. Le spectre de Munich hante encore les chancelleries européennes où l'on a depuis longtemps adopté le dicton qui affirme : "il n'est jamais trop tard pour ne rien faire !" 
  
Michaël Bar Zvi  Khaf Alef  be Sivan 5773

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