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Syrie : l'explosion d'un Etat? Par Michaël Bar Zvi


La guerre civile en Syrie semble prendre, depuis quelques jours, une nouvelle tournure. Nous ne sommes plus aujourd'hui en face d'un affrontement entre Assad, président représentant une minorité alaouite, et une opposition à majorité sunnite, mais devant un conflit qui s'étend sur une région de plus en plus grande. La reprise de Qussair n'est pas seulement une victoire militaire pour Assad, mais un succès de sa stratégie d'extension du conflit, dans lequel il espère entraîner non seulement le Liban, la Turquie et Israël, mais aussi d'autres pays de la région. Pourtant, on se rend compte aujourd'hui qu'Assad ne doit son maintien qu'à l'aide extérieure, et notamment celle des Iraniens et du Hezbollah, qui combattent sur le terrain, la plupart du temps à la tête de l'armée syrienne. Il bénéficie du soutien, à ce jour indéfectible de la Russie, et des hésitations des occidentaux à armer une opposition noyautée par les djihadistes et autres mouvements radicaux islamistes. Le paradoxe dans cette affaire c'est que plus les occidentaux hésitent à soutenir les rebelles, plus les djihadistes se renforcent au sein de cette opposition, et d'un autre côté plus ils attendent, plus Assad et ses alliés chiites poursuivent les massacres et la destruction des villes tenues par les rebelles. Aux Etats-Unis, le Congrès est en désaccord avec Obama et son administration, qui paraissent totalement désemparés. Malgré la complexité de ce dossier, qu'une Conférence internationale a peu de chances de régler sans un accord préalable entre les deux grandes puissances, on peut envisager quatre évolutions de cette situation qui risque d'embraser la région dans les semaines à venir. Les escarmouches répétées sur le Golan en sont une preuve supplémentaire. La première option serait une scission de la Syrie, dans laquelle Assad instaurerait un Etat à majorité alaouite et chiite dans la partie nord occidentale du pays entre le Liban et la Turquie, d'Alep à Homs, avec un accès à la mer et un couloir jusqu'à la capitale, Damas. Cette solution est ethniquement la plus logique, mais elle ne serait qu'un dernier recours si Assad se trouvait au bord de la défaite. Le risque est évidemment une "balkanisation" de la Syrie, dans laquelle les autres minorités, comme les Kurdes, les Druzes, et autres revendiqueraient leurs droits, sans compter aussi les chrétiens d'orient. La seconde option, proposée à Genève en juin 2012, est la création d'un gouvernement d'union nationale avec des représentants de l'opposition. Assad resterait en place, mais déchu de tous ses pouvoirs exécutifs, jusqu'aux élections prévues pour mars 2014. La troisième option serait un départ organisé d'Assad vers un pays d'accueil, mais les derniers événements la rendent peu probable. La quatrième option, que semble avoir choisie le dictateur de Damas, c'est l'intensification des combats, l'escalade des armes lourdes dont Assad dispose et qu'il reçoit de ses alliés. Il est probable qu'une Conférence internationale se déroulera à un moment ou un autre, mais Assad comprend que chaque jour qui passe lui donne un avantage supplémentaire, face à une opposition désunie, soutenue par des Etats aux intérêts divergents. Israël n'a pas droit à l'erreur, et doit préserver ses intérêts stratégiques et sa sécurité. Où serions-nous aujourd'hui dans ce conflit si Israël ne contrôlait pas le plateau du Golan ??

Michaël Bar-Zvi Yod Dalet be Sivan 5773

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