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Le rôle de la Russie au Moyen-Orient, par Michaël Bar-Zvi

Vladimir Poutine
Au lendemain du sommet du G8, où les puissances occidentales n'ont même pas réussi à se mettre d'accord sur le texte d'une motion sur la Syrie, les Russes ont décidé d'envoyer des troupes sur le terrain afin de préserver la sécurité leurs concitoyens civils, selon leurs dires, qui se trouvent sur place. Ces troupes seront protégées par l'aviation russe comme l'indique le communiqué du Major Général Gradussov, numéro deux de l'armée de l'air. Deux porte-avions russes patrouillent en permanence en Mer Méditerranée et sont chargés d'équipements lourds et perfectionnés, permettant d'apporter une aide à Bachir el Assad dans un très court délai. Alors que certains pays occidentaux ont annoncé une aide timide et limitée aux rebelles il y a deux jours, le président Poutine a pris, une fois encore, une longueur d'avance et sa réaction est la preuve de sa volonté de défendre coûte que coûte le pouvoir en place. Il ne s'embarrasse pas de questions morales dans ce choix politique, que l'on peut qualifier de cynique. Poutine a toujours affiché sa détermination face à l'intégrisme musulman, et réprimé violemment les opposants à son régime issus de cette mouvance. On peut supposer qu'à ses yeux, un Etat dirigé par le parti Ba'as, est probablement le régime le plus "laïque" existant dans un pays arabe. Toutefois, il est loin le temps des fondateurs du mouvement Ba'as, Michel Aflak, arabe chrétien, Salah a din al Bitar, sunnite, et Zaki al Arzouzi, alaouite, qui essayèrent de rassembler les nations arabes autour d'un projet de société laïque. Les alliés de la Syrie d'aujourd'hui ne sont pas des laïques, mais les représentants les plus virulents du fondamentalisme, l'Iran et le Hezbollah. Poutine ne peut ignorer ces liens et notamment la participation active de milliers de soldats iraniens et de centaines de terroristes du Hezbollah, qui se substituent de plus en plus chaque jour à l'armée syrienne. Selon des sources israéliennes, il y aurait en Syrie plus de 20.000 citoyens russes, civils et militaires, pour lesquels Moscou a déjà mis en place un plan d'évacuation, en cas de défaite du pouvoir actuel ou d'extension du conflit. Le dialogue entre Israël et la Russie n'est pas rompu, des échanges ont lieu en permanence par les voies diplomatiques et par d'autres canaux moins officiels. La Russie ne souhaite pas voir Israël s'engager dans ce conflit, et même s'il y a de nombreux désaccords entre le Kremlin et Jérusalem, il semble qu'elle a réussi, pour le moment, à garantir une sécurité relative et à  dissuader Assad d'étendre le conflit au plateau du Golan. Pour combien de temps ? Nul ne peut le savoir, car un Assad remonté à bloc par quelques victoires sur le terrain pourrait ne pas résister à la tentation de redorer son blason, malgré les bons conseils de Poutine. Il n'est d'ailleurs pas impossible que des soldats russes viennent sur le Golan pour remplacer les Casques Bleus qui ont abandonné leurs postes depuis quelques semaines afin d'assurer le maintien de l'armistice. Jamais le Proche-Orient n'a autant ressemblé à une roulette russe …

Michaël Bar-Zvi   Yod Bet Be Tamouz 5773

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