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Syrie : une nouvelle phase? Par Michaël Bar-Zvi

Bachar el Assad
Comme on pouvait s'en douter la guerre civile en Syrie a pris, depuis quelques jours une nouvelle dimension. Lors de la bataille de Kousseir, les forces terroristes du Hezbollah ont arrêté des terroristes du Hamas venus soutenir les rebelles à la demande des Etats du Golfe et avec l'accord d'un de ses chefs charismatiques Khaled Machaal, qui vécut longtemps à Damas. Cet épisode, somme toute secondaire, de la guerre civile révèle pourtant l'existence d'une profonde scission au sein du Hamas, puisque d'autres dirigeants de cette organisation, dont Marwan Issa, réfugié à Téhéran, et Mahmoud A Zahar, ont ouvertement appelé à soutenir Bachir el Assad. Le résultat de cette première confrontation directe ne s'est pas fait attendre chez les Sunnites. Le Koweit a annoncé hier l'expulsion de milliers de ressortissants libanais chiites de son territoire et les autres Etats du Golfe s'apprêtent à lui prendre le pas dans les prochains jours. Selon les estimations, entre deux mille et trois mille libanais travaillent dans les industries pétrolières et les entreprises commerciales du Golfe. Ces sanctions ne sont pas anodines et elles risquent de porter un énorme préjudice aux familles de ces chiites libanais expatriés.  Le chef des services de renseignements du Hezbollah, Wafiq Safa, a, de son côté décidé de fermer les bureaux du Hamas à Beyrouth et a demandé à son représentant, Ali Baraka de quitter immédiatement le sol libanais. Sommes-nous à la veille d'une nouvelle phase du conflit, à savoir une guerre entre le Hezbollah et le Hamas ou s'agit-il seulement d'une volonté de placer les factions palestiniennes sous l'égide de Téhéran ? Sur l'échiquier du djihadisme et du fondamentalisme, il existe d'importantes différences entre les mouvances, pourtant toutes unies dans leur haine d'Israël et de l'occident. Israël doit-il se réjouir de ces affrontements ? Ou comme le disait en plaisantant un homme politique israélien en cercle privé: nous souhaitons bonne chance et meilleure réussite aux deux camps. Même si les Russes ont tenté de convaincre Netanyahou qu'Assad était moins dangereux pour Israël que ses opposants, il est parait clair que la donne ne sera plus jamais la même qu'avant. Si Assad venait à remporter la bataille, il en serait grandement redevable à ses alliés iraniens et libanais, et nul n'ignore qu'en ce domaine on ne rase pas gratis. Le dictateur syrien, même victorieux, sortirait de ce conflit affaibli, dépendant des Russes, de l'Iran et du Hezbollah et ayant montré son incapacité à combattre seul. Celui qui apparaissait, il y a seulement trois ans, comme la première puissance militaire arabe a dévoilé sa vulnérabilité et ses défaillances dans tous les domaines. Son pays est exsangue, son économie est dévastée, sa société est déchirée, son pouvoir s'est avéré inapte à gérer la situation. Il subsiste néanmoins un risque que l'unique réflexe stratégique pour sortir de la crise soit à moyen terme d'entreprendre "une guerre unificatrice contre Israël". L'histoire des tyrans montrent qu'ils ont souvent eu recours à ce stratagème pour masquer leurs faiblesses. On sait le prix qu'ont payé les peuples pour découvrir cette simple vérité.

Michaël Bar Zvi  Hey Be Tamouz 5773

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