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L'an prochain à Tel Aviv. L'interview de Citizenkane.fr

Rédacteur en chef de Citizenkane.fr depuis 2011, Misha Uzan sort son premier roman, intitulé L’an prochain à Tel Aviv. L’occasion pour nous de tirer un premier bilan.



Misha Uzan : Pas directement, non, pour être honnête. En revanche Citizenkane.fr et mon livre ont plus d’un point commun,  et ce n’est certainement pas un hasard.
CK : Misha Uzan, vous êtes rédacteur en chef de Citizenkane.fr depuis maintenant trois ans, vous avez vous-même mené ici de nombreuses interviews et c’est un plaisir pour nous de vous voir passer du côté de l’interviewé, ne serait-ce que le temps de l’entretien. La première question qui me vient à l’esprit est de savoir s’il y a un lien entre votre travail à Citizenkane.fr et votre roman.

CK : Lesquels?
Misha Uzan : Pour commencer c’est un livre d’expatriés en français et Citizenkane.fr est le média en français des expatriés. L’an prochain à Tel Aviv est l’histoire de quelques jeunes français qui s’expatrient. Ils choisissent de vivre à Tel Aviv pour ses restaurants, ses bars branchés,  ses  belles filles et ses beaux garçons,  son mode de vie. De la même façon, l’équipe de Citizenkane est composée de gens qui vivent aux quatre coins du monde : à Tel Aviv, à Bangkok, à Paris, à Madagascar, au Maroc, en Belgique, etc.
Mais comme Citizenkane,  le livre ne s’adresse pas uniquement aux expatriés,  il traite d’un thème de société, d’un milieu particulier, il pose des questions. Si bien que c’est un roman pour tous ceux qui s’intéressent à l’immigration,  aux différences culturelles, et évidemment aux relations humaines.

CK : Mais vous vous consacrez plus particulièrement à Tel Aviv.
Misha Uzan : Oui bien sûr, le sujet c’est Tel Aviv, comment les gens vivent, sortent, travaillent, font la fête.  Mais là encore, on part de la description d’un micro milieu puis on élargit. Et puis il y a ce qui est dit, et le non-dit, ce qui est implicite, laissé à l’interprétation du lecteur.
Dans le cas de l’an prochain à Tel Aviv, le micro milieu traité est celui de jeunes immigrés venus de France à Tel Aviv. Par moments le sujet est clairement élargi à l’immigration en Israël et à la société israélienne elle-même qu’on perçoit en arrière fond. Mais si vous grattez un peu, le livre va beaucoup plus loin. Les thèmes abordés sont nombreux : l’identité juive et israélienne bien sûr,  la question de l’aliya (l’immigration en Israël), le mode de vie tel avivien, la communauté gay, l’armée, le rapport à la religion, mais en cherchant bien, pour revenir à votre première question,  on trouve aussi des thèmes qui sont chers à Citizenkane.fr,  comme l’immobilier ou les pays émergents.

CK : De quelle façon?
Misha Uzan : Ce ne sont pas des thèmes qui sont traités directement mais en filigrane.  Ils font partie du tout. Sur Citizenkane j’ai été amené à m’intéresser à l’immobilier à Tel Aviv, dans le quartier de Neve Tzedek par exemple, sur lequel est consacré tout un chapitre ; ou bien encore aux grands projets luxueux de Netanya, et l’une des scènes se passe dans une de ces grandes tours magnifiques.

CK : Et les pays émergents?
Misha Uzan : Je m’interroge encore aujourd’hui sur l’économie d’Israël.  Il y a 30 ans c’était encore un pays du tiers-monde. Mais aujourd’hui il appartient à la catégorie des pays développés,  il fait partie de l’OCDE, c’est un pays riche et démocratique, specialisé dans la haute technologie. Et pourtant, par certains aspects, dans les villes périphériques du pays surtout mais aussi en partie à Tel Aviv, il correspond plus à la situation des pays émergents. Notamment en ce qui concerne certaines infrastructures. Voilà pourquoi je le classe dans ce que j’appelle les pays émergents élargis, au sens large. Et quand on regarde son niveau de croissance ou encore le niveau de sa dette, là encore on est entre les pays développés et les pays émergents.  C’est tout à fait intéressant.

CK : Mais c’est un pays en guerre aussi …
Misha Uzan : Oui mais ce n’est pas le sujet du livre. Après tout il convient d’avoir les yeux en face des trous. Comme je l’ai écrit ailleurs,  la seule guerre que mène Israël, c’est celle contre le terrorisme islamiste, le nazislamisme. Ou plutôt ce sont les islamistes qui mènent cette guerre contre Israël. Avant leur montée en puissance cette guerre prenait une autre forme, mais le fond d’hostilité à Israël était le même. Et c’est cette même guerre, d’échelle mondiale, qui touche des pays comme les États Unis, la France et beaucoup d’autres. Donc au fond, Israël n’est pas tant différent de ce point de vue d’autres pays. Il y a bien des distinctions mais ce n’est pas l’essentiel,  surtout à Tel Aviv. Le conflit, la guerre, ne sont pas le quotidien, d’autant plus que l’histoire se passe avant 2012 et 2014 où des missiles sont arrivés jusqu’à Tel Aviv.

CK : Vous le réécririez autrement depuis la dernière opération Bordure Protectrice?
Misha Uzan : Non je ne pense pas. J’en parlerais un peu sans doute mais de toute façon le livre n’est pas dépourvu de discussions sur la situation politique.  Je dis simplement que les personnages en parlent comme le font les gens dans la vraie vie. C’est très réaliste. Finalement je pense que tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à Israël apprendront beaucoup dans ce livre.

L’an prochain à Tel Aviv est en vente à la commande sur internet sur lulu.com et sur le blog de l’auteur en version papier, et en version électronique sur les plateformes les plus connues.

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