Islamisme : le défi sémantique



Logo des Frères musulmans
Le Coran, l'islam, l'épée
Ennhada en Tunisie, le PJD au Maroc et les Frères musulmans en Egypte sont les grands vainqueurs des élections organisées dans leurs pays respectifs. On constate que, partout dans les pays d'occupation arabo-islamique, les populations votent en majorité pour ceux qu'ils perçoivent comme le plus proche de l'islam, comme les représentants de l'islam, comme des dignitaires religieux.

Les arabo-musulmans aiment l'islam

Il faut tout d'abord constater que les populations de pays d'occupation arabo-islamique, aiment l'islam. Ils le perçoivent comme leur culture, leur identité, et n'ont pas la gêne ou la volonté de contestation d'une religion ou idéologie politique, comme peuvent l'avoir les démocrates et militants laïques. Ces militants laïques et démocrates existent en Tunisie, au Maroc, en Egypte, et même en Lybie. Mais ils sont minoritaires et incapables de gagner des élections.

Il serait donc temps d'arrêter de nous dire que "la majorité des musulmans" sont des démocrates qui veulent la paix et la tolérance entre les peuples. C'est faux. On ne les voit que rarement se manifester pour ces causes, et dans les urnes, ce n'est pas le message qu'ils envoient. Pas les arabo-musulmans en tout cas.
Car les partis islamistes qui gagnent les élections n'ont pas d'histoire démocratique, ni de tradition démocratique, ni d'ambition ou de volonté démocratiques. Leur construction, leur histoire, leur programme, leur idéologie n'a rien de démocratique. Ce ne sont pas des démocrates.

Egypte : plus de 65% pour les islamistes

D'après les résultats publiés à l'heure actuelle, en Egypte les Frères musulmans récolteraient près de 40% des voix, et remporteraient la première étape des élections législatives. Ils sont talonnés par les salafistes du parti Al-Nour qui dépassent les 24 % des voix. Les Salafistes sont des intégristes musulmans, plus extrémistes encore que les Frères musulmans. Enfin, une troisième liste islamiste, celle du Wassat, un peu moins extrémiste (mais c'est très relatif) remporte 4 % des suffrages. Il s'agit donc d'une victoire de plus de 65% pour les islamistes de toutes sortes.

Différents islamistes

Il existe entre eux néanmoins de grandes différences, de doctrines, de présentations comme d'ouverture entre les différents partis qu'on nomme, faute de mieux, islamistes. On manque en effet de vocabulaire pour qualifier des mouvements sans équivalent en Europe et dont les valeurs, sont proches des extrêmes droites historiques. C'est une erreur en tout cas, de les qualifier de "modérés". Qu'y a-t-il de modéré dans les successeurs d'Hassan-al-Banna, le fondateur du fascisme islamique? C'est une erreur partout, en Egypte, en Tunisie, en Maroc, partout.

Créer des distinctions islamistes

Alors comment nommer des partis aussi différents que les Frères musulmans, Ennhada, le PJD marocain ou les salafistes? Force est de constater que l'islam en politique est leur point commun. Et à ce titre le mot "islamiste" ne paraît pas si mauvais. N'en déplaise à Dominique Vidal, qui invité sur France 24 pour parler d'autre chose, trouvait néanmoins le moyen de se plaindre de l'emploi du terme "islamiste" pour désigner tous les vainqueurs des pays d'occupation arabo-islamique.

On nomme bien "droite" ou "gauche" des partis de nature, de programme, d'histoire et d'idées très différentes.

Pour distinguer, donc, ces différents islamistes, il suffirait alors d'ajouter le qualificatif qui les décrirait le mieux.
Certains ont déjà essayé. On a le choix : nazislamistes, fascislamistes, islamistes étapistes (imposer l'islam par étapes), islamistes alqaïdistes, islamistes hypocrites, ou hypocritistes, etc.
Il y a de quoi s'amuser. Il faut encore y réfléchir au cas par cas. L'islamisme n'est pas prêt de mourir demain. 

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Rechercher dans ce blog

Recevez notre newsletter

Le + lu cette semaine

Fourni par Blogger.