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Israël : le scandale des contraceptifs prescrits aux Ethiopiennes


Femmes éthiopiennes en habit traditionnel
Selon le quotidien israélien Haaretz, le directeur général du ministère de la Santé, le Dr Roni Gamzo, a demandé à quatre contrôleurs de la santé de mettre en place de nouvelles normes de renouvellement des prescriptions du médicament de contraception Depo-Provera, prescrit aux nouveaux immigrantes.

L’affaire a fait scandale depuis le reportage télévisé du journaliste d’investigation Gal Gabbaï. Dans l’émission en effet, plusieurs femmes immigrées d’Ethiopie interrogées par Gabbaï affirment que les représentants israéliens du ministère de la Santé et du Joint Distribution Committee (JDC) leur ont indiqué qu’elles devaient recevoir ce traitement si elles voulaient immigrer en Israël.

Sans reconnaître de faute au ministère, le Dr Gamzo a reconnu que plusieurs femmes se sont fait prescrire le médicament sans en comprendre les effets.

Il y a deux semaines, l’Association pour les droits civils en Israël (ACRI) a envoyé une lettre au ministère de la Santé pour dénoncer de graves soupçons concernant "une politique visant à contrôler et à surveiller la fertilité" au sein de la communauté éthiopienne. En outre, l’ACRI a déclaré que les données rapportées par les médias indiquent une attitude "paternaliste, arrogante et raciste" envers la communauté éthiopienne, qui "limite considérablement la liberté des femmes éthiopiennes quant à la liberté de choisir la méthode de contrôle des naissances la plus appropriée pour elles-mêmes."



La semaine dernière, le Dr Gamzo a écrit aux contrôleurs sanitaires de "déterminer les faits en se fondant sur les allégations" et de ne pas renouveler la prescription de ce contraceptif pour les femmes éthiopiennes ou pour toute femme de toute autre nationalité si elles ne comprennent pas les implications du traitement.

Gamzo a indiqué également que le médicament peut être administré aux femmes qui demandent spécifiquement de contrôler leurs naissances et qui comprennent tous les effets secondaires de cette méthode, par opposition à d’autres options.

"Bien sûr," a ajouté Gamzo, "ce doit être abordé d’une manière qui convient à la culture [des femmes] et avec l’aide des médiateurs éthiopiens et / ou traducteurs médicaux en cas de besoin."
Dans l’émission de Gabbaï, une caméra cachée a suivi une femme éthiopienne à une clinique de santé locale. Les images ont montré une infirmière expliquant que ce contraceptif est donné "en premier lieu aux femmes éthiopiennes" parce qu’elles oublient ou ne comprennent pas la façon dont il faut utiliser d’autres contraceptifs.

Les autorités israéliennes ont officiellement nié toutes ces allégations mais Gabbaï a révélé une lettre officielle du ministère de la Santé au Dr Rick Hodes, directeur des programmes médicaux de JDC en Ethiopie. La lettre salue son travail de médecin, en notant que, alors que moins de 5% des Éthiopiennes utilisent des moyens de contraception, Hodes a atteint un taux de 30% chez les patientes traitées.

David Yaso, directeur du département du ministère éthiopien de l’Immigration, a catégoriquement nié qu’il ait été dit aux femmes éthiopiennes qu’en Israël, il leur était interdit d’avoir des familles nombreuses et qu’elles aient été contraintes de prendre des contraceptifs contre leur volonté.
Le professeur Daniel Seidman, président de la Société israélienne pour la contraception et la santé sexuelle, a déclaré à Gabbaï qu’il ne croit pas que les immigrantes éthiopiennes aient été « distinguées » par les autorités israéliennes dans un effort concerté pour réduire leur taux de natalité. Il a offert plutôt deux explications possibles à la baisse significative du taux de natalité éthiopienne : soit les femmes sont plus instruites maintenant et cherchent à faire carrière, pas des enfants, soit elles reconnaissent que, avec des moyens financiers limités, elles ne peuvent pas se permettre d’éduquer une famille nombreuse.

Dans un communiqué, le JDC a déclaré en outre que le Depo-Provera est utilisé car les études montrent que "c’est la forme la plus populaire de contrôle des naissances chez les femmes en Ethiopie."

Misha Uzan - JForum / Correspondant spécial en Israël 

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