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Les deux Israël. Les résultats des élections ville par ville


Knesset - Parlement israélien
Dans les années 50, l’expression "Le second Israël" désignait les sépharades, en particulier les Marocains. Arrivés en nombre à cette époque, ils vivaient dans les villes les plus pauvres, des bidonvilles souvent, et se plaignaient de souffrir de discriminations. Les émeutes sépharades à Haïfa font partie de l’histoire du second Israël.

En 1977, la victoire de Menahem Begin qui amène pour la première fois la droite au pouvoir en Israël, est perçue comme la revanche des sépharades.

Dans les années 1990 encore, Aryeh Deri réussit à faire monter Shass dans les urnes en menant une campagne qui ne s’adresse pas uniquement aux orthodoxes sépharades mais à tous les sépharades soucieux des traditions.

En 2013, Aryeh Deri, sorti de prison, a renoué avec cette perspective.

Mais Israël de 2013 n’est plus le pays des années 50, 70 ou 90. Ses propos sur les ashkénazes et les Russes ont plus choqué qu’autre chose, Shass n’a pas emporté un siège de plus qu’en 2009 et les sépharades ont bien souvent préféré Habayit Hayehoudi, le Likoud ou n’importe quel autre parti.
La fracture entre les deux Israël n’est plus la fracture Ashkénaze / Sépharades (ou orientaux). La différence entre sépharades et ashkénazes s’amenuise de plus en plus et on ne la constate plus que dans quelques domaines culturels comme la musique, où les sépharades sont les meneurs d’ailleurs.

Mais il existe une autre fracture, une autre scission en Israël, qui divise le peuple. C’est la fracture entre laïcs et haredim (ou ultra-orthodoxes). Disons bien laïcs et Haredim, et non pas religieux. A l’exception de quelques personnalités qui font la passerelle, de quelques secteurs où ils peuvent se rejoindre, ou de quelques individualités, les résultats dans les urnes, ville par ville, témoignent de cette fracture.





La percée de Yaïr Lapid, le grand candidat laïc depuis que Lieberman s’est allié au Likoud, ne s’explique pas autrement. Lapid n’est pas de gauche comme tentent de le faire accroire ceux qui parlent d’un supposé bloc de gauche, il est au centre, voire centre-droit, il est patriote, il est surtout laïc.
En effet, cette fracture prend forme en particulier à travers les résultats des deux plus grandes villes d’Israël : Jérusalem et Tel Aviv, dont les résultats sont un véritable miroir.

Selon les résultats définitifs des élections publiés mardi par la Commission électorale centrale, le plus grand bloc de Tel Aviviens a voté pour Yesh Atid, le parti dont la plate-forme est la plus claire sur le partage du fardeau national de l’armée et l’intégration des Juifs orthodoxes au service militaire ou national, et parmi la main-d’œuvre israélienne, c’est-à-dire au sein du monde du travail. Et de l’autre côté du centre du pays, le plus grand bloc des électeurs dans la capitale, Jérusalem, a voté pour le parti dont la plate-forme dit exactement l’inverse : Yaadout Hatorah ou Judaïsme unifié de la Torah, l’ultra-orthodoxie ashkénaze qui réalise une percée de 5 à 7 sièges. En outre, pour la première fois à Jérusalem, le Likoud n’est pas arrivé en tête. Un résultat qui traduit sans doute l’augmentation du nombre d’électeurs ultra-orthodoxes, à la démographie galopante.

Selon les chiffres officiels (source Israel Hayom), Tel-Aviv avait 394.134 électeurs inscrits. 246 890 (62,64%) se sont exprimés, les autres se sont abstenus. Yesh Atid est arrivé en tête avec 50.778 voix (20,3% des votes valides), le Likoud Beytenu a terminé 2e avec 42,873 (17,51%), Avoda a terminé 3e avec 41 212 (16,83%), et Meretz a terminé 4e avec 35,121 (14,34%). Hatnua de Tsipi Livni a terminé 5e avec 17 799 (7,27%), et Shas a terminé 6e avec 14,372 (5,87%). Habayit Hayehudi n’arrive que 7e avec 10 482 (4,28%).

Tel Aviv a donc voté pour le centre-droit mais avec une forte proportion pour la gauche que représente le parti travailliste et la gauche radicale ou verte (ou post soixante-huitarde) que représente Meretz (dont les idées sont dans l’ensemble assimilables à celles des Verts en France).

Pour sa part, Jérusalem comptait 373.238 électeurs inscrits. 243 038 (65,12%) ont voté et les autres se sont abstenus. Yaadout Hatorah a reçu la plus grande part des suffrages avec 53 143 voix (22,04%), le Likoud-Beytenu arrive en 2e position avec 49 468 (20,51%), Shas est 3e avec 37 513 (15,56%) et Habayit Hayehudi arrive en 4e position avec 28 418 (11,78%). Yesh Atid ne termine que 5e avec 16 810 (6,97%).

Par ailleurs il faut souligner que quelques 250.000 Israéliens ont voté pour des partis qui n’ont pas franchi le seuil électoral, soit une augmentation de 150.000 à partir des élections de 2009. Les votes « perdus » combinés s’élèvent à neuf mandats.

Dans le sud d’Israël, une part importante des voix sont allées au Likoud Beytenu, qui, semble-t-il, n’ont pas sanctionné si durement le cessez-le-feu de l’opération Pilier de défense que beaucoup avaient jugé trop précoce. Sans doute le calme dans le sud depuis le mois de novembre en a-t-il rassuré plus d’un.

En effet le Likoud-Beitenou obtient :

• 42% à Ashkelon • 36% à Ashdod • 38% à Beersheba • 33% à Arad • 37% à Kiryat Gat • 27% à Ofakim • 32% à Dimona • 32% à Mitzpeh Ramon • 25% à Yerucham
Les résultats des élections montrent aussi que les habitants de la Judée et de la Samarie ont favorisé Naftali Bennett d’Habayit Hayehudi, et le Likoud-Beitenou, mais aussi Otsma leisrael en certains lieux, un parti qui n’obtient aucun mandat par ailleurs.

A Tekoa :

• Habayit Hayehudi 47% • Likoud Beitenu 23%

A Kiryat Arba :

• Habayit Hayehudi 42% • Otsma le Israel 28% • Likoud Beitenu 20%

A Alon Shvut :

• Habayit Hayehudi 70% • Likoud Beitenu 15%

A Efrat :

• Habayit Hayehudi 59% • Likoud Beitenu 22%

A Nokdim (où habite Avigdor Lieberman) :

• Habayit Hayehudi 34% • Likoud Beitenu 41%

A Maalé Adoumim :

• Habayit Hayehudi 21% • Likoud Beitenu 42%

A Beit El :

• Habayit Hayehudi 69% • Otsma le Israel 16%

A Ofra :

• Habayit Hayehudi 74% • Likoud Beitenu 11% • Otsma le Israel 11%

A Shilo :

• Habayit Hayehudi 60% • Otsma le Israël 24% • Likoud Beitenu 11%

Il va de soi que l’importance de la défense des implantations juives en ces lieux a beaucoup contribué au vote. Mais en termes de chiffres comme de conception, les questions sociales liées à la conscription et à la place de la religion dans l’Etat, ont fait la différence dans ce scrutin.

Misha Uzan – Jforum / Correspondant spécial en Israël


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