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Yaïr Lapid, la nouvelle opportunité israélienne. Par Michaël Bar Zvi

Yaïr Lapid

Les élections législatives en Israël nous réservent toujours des surprises, et la dernière en date n'a pas failli à cette tradition politique. Si l'on analyse les résultats on peut en tirer quelques enseignements provisoires avant d'envisager comment les protagonistes pourront transformer ce suffrage en programme de gouvernement. Le premier élément à remarquer c'est que le grand perdant de ce scrutin est le gagnant. Autrement dit, le Premier ministre Benjamin Netanyahou et son parti le Likoud, allié avec le parti Israël Beitenou d'Avigdor Libermann ont assuré l'essentiel, à savoir le poste de chef du cabinet, mais n'ont pas assez de sièges pour mener leur propre politique et devront accepter la majeure partie des exigences du parti de Yaïr Lapid, vainqueur incontestable et incontesté de ces élections. 
Le second élément est l'indéniable échec des instituts de sondage et des grands organes de presse qui n'ont pas, depuis plus d'un an, pris au sérieux le défi de Lapid et son action sur le terrain auprès des jeunes et des classes moyennes. C'est lui qui, en fin de compte, a récupéré les voix de la contestation sociale de l'an passé et non le parti travailliste Avoda, qui avait pourtant mis sur sa liste deux des dirigeants de ce mouvement. Le troisième élément marquant de ces élections c'est que, pour la première fois, la campagne ne s'est pas déroulée sur les questions politiques et sécuritaires, mais sur la vie sociale, économique et morale. Un des principes, mis en avant par le parti Yech Atid, mais aussi par d'autres listes, qui ont eu moins de succès, est celui de la répartition plus juste des devoirs et des droits des citoyens de ce pays. L'anomalie de la dispense d'un service national pour les orthodoxes, mise en place en 1948 par Ben-Gourion pour quelques centaines d'étudiants religieux, est devenue un scandale moral, dont les orthodoxes eux-mêmes, ont aujourd'hui conscience qu'elle crée une fracture qui met en danger l'unité de la nation et son tissu fragile social fragile. Quatrième élément à retenir de ces élections, mais il n'est pas nouveau, c'est la nécessité d'une réforme profonde du système politique et il semble que pour la première fois, il existe une petite chance de l'entamer. Cinquième élément, qui doit inquiéter au plus haut point Netanyahou, c'est la perte d'une grande partie de son électorat traditionnel. Le vote des habitants de Jérusalem est, à cet égard, très intéressant car pour la première fois, le Likoud n'arrive pas à en tête des suffrages et il perd plus de 20% de ses voix dans la capitale d'Israël, où le premier parti est l'Agoudat Israël, qui obtient 23% des voix, alors qu'il ne dépasse pas les 7% sur l'ensemble du pays. A Tel Aviv, le Likoud n'obtient que 18% des suffrages contre 21% à Yair Lapid. Les deux grands partis historiques le Likoud et Avoda sortent meurtris de cette campagne, on pourrait dire même "lapidés", dans laquelle les Israéliens, à travers les scores de Yair Lapid et Naphtali Bennet, ont exprimé leur volonté de voir une autre manière de faire de la politique.
Michaël Bar-Zvi Yod Guimel Be Chevat 5773

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